mame bamba

mame bamba
Appel Lance par Cheick ABDOUL AHAD MBACKE
Khalif General des Mourides a L'approche du Grand-Magal de TOUBA celebrant le depart d'exil du Fondateur du Mouridisme debut du Mois de SAFAR L'an 1399.h/1979 .
TOUBA
Que la Paix la Misericorde et la Benediction D'ALLAH soient sur Vous.
A vous tous mes chers confreres, a vous tous mes chers condisciples, je vous salue, vous rends grace et vous remercie en meme temps ; venant enfin aujourd'hui precisement au sujet du GRAND-MAGAL duquel nous approchons -il porte effectivement cette appellation d'ailleurs et recele l'infinitude de Bienfaits que son initiateur a annoncee dans l'intention de vous eclairer veritablement le point a partir duquel il fonde son origine et vous donner une explication de tout Rituel qui en est etabli.
ALLA a fait que cette Sainte Ville de TOUBA, lorsque Serigne TOUBA lui-meme la fonda, c'est strictement un Septennat que ALLAH lui permit d'y sejourner ; a la septieme annee correspondant a l'an 1313.h (1895), courant du mois sacre de Ramadan, il proceda a la retraite spirituelle de l'IcTIKAF dans l'actuelle mosquee que serigne MBACKE MADINA vient de reconstruire .

Dans cette mosquee ou il passa les pieux exercices de l'IcTIKAF, le Prophete sur Lui la Paix et le Salut du Tres-Haut - lui apparut en compagnie de la Legion de Ses Vertueux Partisans , qui constituent sa Sainte Garde avec laquelle il est a jamais inseparable .

A peine a-t-il vu ces derniers, que toute sa resolution se ramena au desir ardent de s'aligner au rang de ceux-la, les compagnons du Prophete .

Le Prophete lui signifia :
Cela est chose ardue , dans la mesure ou ces gens la que tu vois en ma compagnie , c'est leur sang qu'ils avaient alors verse , or , l'ultime sacrifice du sang verse est une prescription abrogee ; des lors que l'effusion du sang ne s'ordonne plus , le gage qui pourrait permettre de realiser ce voeu sera une epreuve des plus penibles , absolument mise a la charge du requerant qui l'assumera pleinement tout seul sans recourir a personne et il sera tenu d'en patir dignement jusqu'au bout pour pouvoir l'impetrer [ la palme du Martyre ]...

...Par consequent , je voudrais , puisque tu es , quant a toi, a trois mois de la Station de Pole de L'Epoque car personne n'en est investi sans atteindre les quarante ans , or tu es a trois mois d'intervalle de tes quarante ans , je peux te faire bruler ces trois mois aujourd'hui meme et t'elever au rang de Pole de L'Epoque

Cheick AHMADOU BAMBA lui fit savoir :
Certe cette proposition est sublime , elle est interessante aussi , mais c'est bien dommage ma vision la Transcende ; car a present , mon ambition est quant a cette Legion qui vous accompagne , d'en etre membre.

Le Prophete (l'avisa de ceci) :
Ce qui te fera compter parmi eux est une somme d'epreuves trop lourdes ; car , c'est a plusieurs reprises qu'une personne est arrivee au stade ou tu es actuellement et a qui je suis apparu exactement comme je le fait avec toi et qui n'eut d'autre ambition que d'en faire partie , mais l'epreuve qui est le gage de son admission une fois mise a sa charge , il finit par etre secouru , sinon il serait tombe dans la disgrace ; Mais un seul sujet mis sous le poids de l 'epreuve ,l' ayant porte jusqu'a etre promu a leur rang n'a pas encore existe...

...Donc si cela etait de mon gre , tu ne t'y engageras pas , car tu es epris d'un attachement envers moi qui n'est d'ailleurs pas une affection deguisee , alors que je ne pourrais te venir en aide dans l'epreuve , parce qu'en te favorisant de la sorte , on me fera la reproche et je n'accepterai pas le blame dans mon attitude envers quelqu'un .

Le Cheick [lui opposant l'objection]
Quant a moi , j'ai une totale ignorance de la nature de l'epreuve que tu mettras a ma charge , n'ayant point suscite mon ame aussi , je ne peux savoir ce qu'il est a meme ou non de supporter ; mais je peux certifier par serment que du poids de quelque souffrance que je recevrai , si mon ame le resiste , dans tous les cas ma force morale l'encaissera .

Le Prophete :
Cela est une chose conclue, je t'apprends que j'accepte ton voeu ; par consequent , il ne reste plus rien que de cette ville en l'occurence tu emigres sans delai , car tu es mis en confrontation avec tes ennemis contemporains et parallement , cette ville t'a ete mise sous une protection absolue de sorte qu'un malheur n'y s'abattra jamais sur toi jusqu'a la fin du monde . Donc , retire-toi de la ville.

Voila la raison qui , lorsqu'il rompit son jeune du mois de Ramadan , le conduisit a quitter la ville pour aller se fixer a
MBACKE BARY (Localite du Djoloff (Senegal) )

Je crois qu'il y est reste les mois Chawwal (10 ieme ) , Joul Qicdati (11 ieme) , Joul Hijjati (12 ieme mois de l'an 1312 ) , Mouharram (1 er mois de l'an 1313 ) et arriva le mois de Safar (2 ieme mois) dans lequel il fut arrete et depo
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 14 juin 2005 11:12

Serigne Mbacké Sokhna Lô n'est plus...

Serigne Mbacké Sokhna Lô n'est plus...
Serigne Mbacké Sokhna Lô n'est plus...

Le marabout Serigne Mbacké Sokhna Lô a été rappelé à Dieu, hier, mercredi. Il a été inhumé tôt ce matin, avant que la nouvelle ne soit diffusée. Des milliers de talibés se rendent dans la ville sainte et à Taïf pour témoigner leur attachement à ce saint homme.
Arrière petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme, Serigne Sokhna Mbacké Lô a été inhumé le même jour dans son Palais de Taïf (29 km à l'est de Touba), un village où il résidait et compte beaucoup de talibés, à l'image d'un autre village, Bayla (11 km de Taïf). C'est de là que lui est venu le surnom de ''Borom Taïf ak Bayla''.
Nous publions ici le dernier portait qui lui a été consacré en janvier par Jeune Afrique l'Intelligent.



Cet arrière-petit-fils du fondateur de la confrérie mouride est l'un des chefs religieux les plus riches et les plus connus du pays et à l'étranger, celui dont tout le monde parle et que chacun veut rencontrer. Du petit fidèle de Libreville au haut fonctionnaire de New York en passant par les hommes politiques. Portrait d'un marabout bâtisseur devenu ami et confident des têtes couronnées.

La seule évocation de son nom provoque l'hystérie chez certains de ses adeptes. Ses fidèles se déchaînent pour l'approcher, le toucher, lors de ses rares apparitions publiques. Serigne Mbacké Sokhna Lô, de son vrai nom Mohamed Mbacké, arrière-petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba, qui fonda la puissante confrérie des mourides à la fin du XIXe siècle dans le bassin arachidier sénégalais, vit ses heures de gloire. Boroom Taïf ak Beyla (« le maître de Taïf et Beyla », deux villages du Sénégal profond), est « l'homme de cette époque », comme la tradition mouride en désigne un à chaque génération.

Grand, beau, élégant, portant bien ses 71 ans, cet autodidacte au français sommaire est devenu l'homme dont tout le monde parle, que tous veulent rencontrer, et vers qui accourt tout ce que le Sénégal compte de responsables politiques, décideurs économiques, autorités coutumières, simples citoyens... Du Premier ministre Macky Sall à la ministre d'État chargée de la Décentralisation Aminata Tall, en passant par celui de l'Intérieur Ousmane Ngom ou du Tourisme Ousmane Masseck Ndiaye, des personnalités de tous bords se sont succédé auprès du marabout, de passage à l'hôtel Méridien Président à Dakar pour quelques jours de repos, fin décembre-début janvier. Rien n'est aujourd'hui de trop pour se rapprocher de Serigne Mbacké Sokhna Lô, réputé avoir l'oreille du calife général des mourides, Serigne Saliou Mbacké (auquel il fournit la main-d'oeuvre qui laboure son immense domaine agricole de Khelcom). Mais aussi celle d'Abdoulaye Wade, qui lui a rendu visite le 5 juin 2004, à son fief de Taïf, un village fondé en 1939 par Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, fils aîné et premier calife de Cheikh Ahmadou Bamba. En 2000, Macky Sall est devenu l'un de ses « talibés ». Tout comme l'est Amath Dansokho, le remuant leader du Parti de l'indépendance et du travail (PIT, opposition).

Par le hasard de la naissance, Serigne Mbacké Sokhna Lô a de réels avantages sur les autres membres de la grande famille de Serigne Touba. Il est l'aîné de Serigne Cheikh Mbacké, surnommé Gaïndé Fatma, lui-même premier fils de Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké. Calife des mourides après la mort du fondateur en 1927, ce dernier a hérité des biens, des « talibés », mais aussi des « cheikh » (compagnons distingués) de Cheikh Ahmadou Bamba.

Ce patrimoine est revenu à Serigne Mbacké Sokhna Lô.

Aîné des 49 enfants de Gaïndé Fatma, décédé le 11 mars 1978, il est né en 1934 à Touba. Dès son jeune âge, il est confié au maître d'école coranique Serigne Mafall Fall, à Taïf, qui l'a initié à « la parole de Dieu » puis à la théologie. En 1952, il débarque en Algérie « pour approfondir connaissance du Livre Saint et de la Sunna du Prophète Mohammed ». Avant de se retrouver deux ans plus tard, toujours à la poursuite du savoir, en Mauritanie. Un pays qui lui colle encore à la peau. Il y a pris et repris femme, et y compte encore de nombreux amis.

Devenu le calife de Darou Khoudoss (dénomination de la concession paternelle à Touba) en 1978, Serigne Mbacké Sokhna Lô s'est fixé comme défi de faire mieux, sinon autant que son père, le premier descendant de Cheikh Ahmadou Bamba à avoir visité le monde, compris la nécessité de s'ouvrir à la modernité, bâti une fortune dans le négoce international, conduit des voitures de luxe, construit des maisons en dur...

Première autorité religieuse subsaharienne à défendre une motion de soutien au peuple palestinien, dès les années 1960, Gaïndé Fatma a eu des liens très étroits avec Yasser Arafat, Sékou Touré, Félix Houphouët-Boigny, William Tolbert, Mohammed V puis Hassan II... Serigne Mbacké Sokhna Lô a entretenu ces nombreuses relations jusqu'à ce que la mort y mette un terme. Non sans se faire son propre « réseau » parmi les grands de ce monde. Il est reçu avec les honneurs dans les palais du roi Mohammed VI, d'Omar Bongo Ondimba, de Maaouiya Ould Taya, de Teodoro Obiang Nguema. L'homme fort du nouvel émirat pétrolier équatoguinéen a dépêché un avion spécial pour amener le marabout à Malabo, le 15 octobre 2004. Les « bénédictions » de l'arrière petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba sont courues par bien des têtes couronnées.

Serigne Mbacké Sokhna Lô a hérité de Gaïndé Fatma le goût de construire. Au bâtiment en dur érigé en pionnier par son père en 1954 à Taïf, il a répliqué par un château, achevé en 1998, qui tranche avec le décor rustique de ce village. Dans cette demeure aux somptueuses bâtisses dérobées aux regards par de longs murs, le visiteur est ébloui par le marbre, l'électroménager dernier cri, le mobilier importé du Maghreb, l'exubérance de la maroquinerie et de la robinetterie, mais aussi par la cour verdoyante illuminée par des lampadaires au style gothique. Coût de l'ouvrage : 1,5 milliard de F CFA (2,28 millions d'euros). Abdoulaye Wade, qui y a dormi le 5 juin 2004, a confié à des proches avoir été frappé par le luxe et le bon goût des lieux.

Les hôtes de marque se succèdent dans ce village de 3 062 âmes et 350 concessions, perdu dans la brousse à 27 km de Touba, la capitale du mouridisme. Des ressortissants de pays de la sous-région, des Mauritaniens notamment, y séjournent par dizaines, pendant de longs mois. Taïf sait mettre les petits plats dans les grands. Comme dans un festin sans fin, le marabout égorge chaque jour dix moutons et trente poulets pour nourrir sa famille et ses visiteurs. Réputé bien s'occuper de ses hôtes, il leur offre à leur départ boubous, parfum, argent...

Pour rendre son fief encore plus attractif, le marabout, qui voit décidément les choses en grand, vient de terminer la maquette d'un projet dénommé « Taïf 3 », chiffré à 25 milliards de F CFA : la construction d'une « maison des hôtes » à trois niveaux, comprenant 256 suites, un palais des congrès, des annexes...

Le fils de Gaïndé Fatma, déterminé à laisser sa trace dans ce bourg fondé il y a plus de six décennies par son grand-père, est en train de bâtir une luxueuse mosquée, de pas moins de 3 milliards de F CFA. Sur l'origine de toute cette fortune, il explique : « Je suis agriculteur et éleveur. Je vis des fruits de mes champs et de mes troupeaux. Pour faire fructifier mon activité, je vais d'ailleurs incessamment me lancer dans l'agriculture intensive à Mbane, près de Richard-Toll, dans le delta du fleuve Sénégal. J'ai trouvé des partenaires égyptiens. Ils assurent l'encadrement et l'équipement, et je fournis, pour ma part, la main-d'oeuvre. Nous allons cultiver sur une superficie de 6 000 hectares du sésame qui va être exporté en Égypte. »

Les fruits de la terre ne suffisent pas à nourrir ce gros producteur, qui vit aussi du hadiya, ces dons en espèces et en nature que lui versent ses « talibés » en signe d'allégeance. Une manne financière abondante, alimentée par une substantielle contribution de ceux de la diaspora.

Réputé riche à milliards, Serigne Mbacké Sokhna Lô est également influent. Il est aujourd'hui le guide de 300 « cheikh » et de leurs adeptes, mais aussi de 1,3 million de « talibés » répartis en fédérations, sections, sous-sections jusqu'au dahira, qui constitue l'unité de base. Originaires de toutes les villes du Sénégal, ces ouailles sont également présentes en Europe (France, Italie, Espagne, Belgique...) où le marabout effectue, chaque été, une tournée. Le « guide » a également des daaras (écoles coraniques) disséminées à travers le pays : à Taïf, à Guerlé, à Ross Béthio, à Nimbodji, à Darou Salam Darma, à Touba... Autant de réservoirs de main-d'oeuvre pour les travaux champêtres et autres corvées.

S'il n'a jamais prononcé de ndigël (consigne de vote à ses fidèles) à l'occasion d'élections, Serigne Mbacké Sokhna Lô fait figure de grand électeur, capable sur le papier de faire basculer l'issue d'un scrutin dans un pays où le fichier électoral compte 2,7 millions d'inscrits. Les hommes politiques de tous bords l'ont compris, qui multiplient les signes d'attention envers « le maître de Taïf et Beyla » à mesure qu'approchent les échéances législatives de 2006 et présidentielle de 2007.

Va-t-il, comme y oeuvrent activement des proches du chef de l'État, faire voter en faveur d'Abdoulaye Wade ? Les rapports entre le marabout et le président sont certes anciens. Le défunt père du premier, Gaïndé Fatma, lié au second depuis les années 1950, a suscité et appuyé financièrement la création en 1974 du Parti démocratique sénégalais (PDS, aujourd'hui au pouvoir). À l'époque en froid avec Léopold Sédar Senghor, il a joué la carte Abdoulaye Wade.

Mais Serigne Mbacké Sokhna Lô, qui compte des « talibés » dans toutes les chapelles politiques, affirme se placer dans une position de stricte neutralité. « Je ne suis d'aucun parti politique, ni ne soutiens aucun candidat, confie-t-il. Ma seule préoccupation, c'est que le Sénégal aille de l'avant. Je suis avec quiconque pose des actes pour faire avancer notre pays. »

Mais neutralité ne veut pas dire indifférence. Et Serigne Mbacké Sokhna Lô est loin de se désintéresser de la politique et de ceux qui la font. Son entourage est d'ailleurs choisi pour l'aider à se positionner sur les choses temporelles. Son porte-parole, Baïla Wane, directeur général de la Loterie nationale sénégalaise jusqu'en mars 2004, est un vieux routier de la politique, compagnon de Wade pendant les années de braise. Amdy Moustapha Diagne, de fait son chargé des relations publiques, gère le protocole et la communication du marabout comme on s'occuperait de ceux d'un homme politique.

Le fils de Gaïndé Fatma ne saurait être indifférent au pouvoir, lui qui descend de la famille régnante du Cayor, un royaume qui a rayonné au XIXe siècle au coeur du Sénégal. Sa grand-mère paternelle, Fatma Thioubou, est la fille d'Amadou Khourédia, frère de Lat Dior Diop, roi du Cayor, résistant à la pénétration coloniale et héros national du Sénégal.

Serigne Mbacké Sokhna Lô, qui aurait pu arriver au trône si la colonisation n'avait pas vaincu et aboli la royauté, en a gardé quelques attributs. Son goût pour le luxe notamment. Chaussures Vuitton, écharpe Chanel, montre Cartier en or (coût : 11 millions de F CFA), le marabout s'habille en basin riche teint devenu la mode masculine au Sénégal, au gré de la Serigne Mbackémania. Le « guide » achète ses parfums en quantité industrielle aux Galeries Lafayette. Un jour qu'il en a pris pour 3,7 millions de F CFA dans ce magasin parisien, la caissière n'a pu s'empêcher d'apostropher l'un des accompagnateurs : « De quel pays est-il, ce roi ? »


Le mouridisme, de père en fils

Fondée en 1883 par Cheikh Ahmadou Bamba, la Mouridiyya (« la voie de ceux qui aspirent au Créateur », en arabe) est une doctrine qui repose sur quatre principes fondamentaux : la foi en Dieu, l'imitation du Prophète Mohammed, l'apprentissage du Coran et l'amour du travail. Né vers 1850 à Mbacké, au Sénégal, initié au Livre saint dans son pays, puis en Mauritanie par Cheikh Siddiya, notabilité de la confrérie qadiriyya, Cheikh Ahmadou Bamba a vécu suivant l'exemple de soufis comme Ibn Arabi. Il a connu des déboires avec l'administration coloniale française, qui l'a détenu de 1895 à 1902 (notamment au casernement militaire de l'île de Mayumba, en pleine forêt équatoriale), puis l'a exilé en Mauritanie, de 1903 à 1907. Rappelé à Dieu le 19 juillet 1927 à Diourbel, il a laissé une puissante confrérie au Sénégal, qui compte des millions de disciples à travers le monde. Mais aussi Touba, une ville parmi les plus visitées de la planète, avec son université islamique d'un coût de 17 millions de dollars, sa bibliothèque de 170 000 ouvrages, sa Grande Mosquée (un édifice entamé en 1926, achevé en 1963, et en perpétuel agrandissement) dont l'un des minarets, culminant à 86 m, est le plus haut d'Afrique de l'Ouest.

Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, fils aîné de Cheikh Ahmadou Bamba, devenu calife des mourides après le décès de son père, est resté aux commandes jusqu'au 13 juillet 1945, date à laquelle il s'est éteint. Après avoir conclu un bail sur le territoire de Touba avec l'administration coloniale, il a entamé la construction de la Grande Mosquée. Elhadji Falilou Mbacké, qui lui a succédé, a achevé l'édifice religieux, donné à la Ville sainte ses premières infrastructures et marqué son époque. Aux affaires jusqu'en août 1968, il a laissé l'image d'un grand « mystique », mais aussi d'un homme au commerce agréable, doté de beaucoup d'humour et d'un sens de la formule. Elhadji Falilou Mbacké a ouvertement soutenu Léopold Sédar Senghor, de confession chrétienne, premier président du Sénégal indépendant.

Serigne Abdoul Ahad Mbacké, troisième calife, a occupé le fauteuil de Cheikh Ahmadou Bamba d'août 1968 à son décès, le 18 juin 1989. Il a vigoureusement soutenu Abdou Diouf à la présidentielle de février 1988. Bâtisseur, il a imprimé à Touba son visage actuel : extension de la mosquée (passée de 4 000 à 6 000 places), électrification de la ville, lotissement, installation du réseau téléphonique, construction de dix forages, d'un aérodrome, d'une gare routière...

Son jeune frère et successeur Cheikh Abdoul Khadre Mbacké aura connu le califat le plus court de l'histoire du mouridisme. L'imam de Touba pendant deux décennies, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à son père Cheikh Ahmadou Bamba, n'est resté sur le « trône » que du 19 juin 1989 au 13 mai 1990.

Depuis cette date officie Serigne Saliou Mbacké, un des hommes les plus influents du Sénégal, aujourd'hui âgé de 90 ans, dernier fils vivant du fondateur. Il reçoit épisodiquement Abdoulaye Wade à Touba. Mouride, le chef de l'État sénégalais s'incline régulièrement devant son marabout pour solliciter ses bénédictions.

Serigne Saliou est le plus grand producteur agricole du Sénégal. Il exploite un domaine de 45 000 hectares, à Khelcom, un village de l'intérieur du pays.

Source djilydan

# Posté le lundi 06 juin 2005 09:17

plénipotentiaire chevronné du mouridisme

plénipotentiaire chevronné du mouridisme
plénipotentiaire chevronné du mouridisme



Article publié dans l'édition du Lundi 9 août 2004

Un aristocrate du mouridisme et du savoir. Un diplomate chevronné de l’islam et du mouridisme qui aura vécu, tout au long de sa vie de soufi, pour le rayonnement de la Vérité divine et de la foi. Moderne. Franchement moderne. Universaliste. Vraiment universaliste, Serigne Mourtada Mbacké, qui s’est éteint au Maroc et qui a été inhumé à Touba, a fait l’unanimité autour de ses œuvres sociales et de sa vie consacrée à la propagation de l’islam et du mouridisme à travers le monde. Portrait posthume d’un plénipotentiaire hors-pair de la foi.

Etrange complicité entre un destin et une fin ! Destin d’un propagateur du mouridisme à l’étranger. Fin d’une vie, loin de sa terre natale. Mais complicité pas si étrange que cela, pour un homme ayant la posture de l’universaliste. Vendredi 6 août 2004. En terre chérifienne. Au Maroc. Le diplomate chevronné, inégalable du mouridisme, s’est assoupi dans un éternel sommeil, inéluctable trajectoire des sursitaires sur terre que sont les créatures de Dieu.

Mais, il y a de ces sommeils éternels qui pèsent d’un poids incommensurable, de par la charge des bienfaits et des actions frappées du sceau de la félicité. Le sommeil éternel dans lequel s’est assoupi Serigne Mourtada Mbacké, après plus de 83 ans d’une vie débordante d’une dévotion fascinante, tellement sublime, toute consacrée à Dieu, à son prophète Mohamet (Psl) et à son illustre père, Ahmed Ben Ahmed Ben Habib-Allah, plus connu sous le nom de Cheikh Ahmadou Bamba. De lui, son fils Serigne Mourtada Mbacké aura de son vivant suivi les traces pour se faire «l’aristocrate de la religion et du savoir». Etre un homme de Dieu, vivre intensément les valeurs du soufisme qui riment et qui sont arrimées à une humilité réellement vécue, accepter une existence dans le dépouillement alors que tous les ors de la vie terrestre sont à portée, il faut bien une grande élevation dans la foi. C’est cette élevation-là qui a été la marque de l’étonnante œuvre de Serigne Mourtada.

LE LIEN ET LE LIANT

L’infatigable plénipotentiaire du mouridisme a versé dans les trésors immenses de l’islam, cette quête permanente de la diffusion de la solidarité et de la fraternité qui est le lien et le liant entre les hommes, au-delà des insignifiantes différentes de races et de pays. Le saint homme emmitouflé d’un léger voile de gaze, souvent en tunique d’une sobriété à l’image de la vie simple qu’il s’est choisie et qui l’a comme choisi, est d’un teint couleur de la terre. Couleur de toutes les terres du monde. Parce qu’en lui est une sorte d’harmonie universelle. Universaliste.

New York. Italie. Espagne. France. Gabon. Noirs, blancs, jaunes, métisses qui ont approché Serigne Mourtada Mbacké, recueilli des bénédictions de ses mains sculptées d’amour et de piété, n’oublieront jamais son visage d’ange encerclé par un voile généralement blanc. Et comment peuvent-ils ne pas se souvenir encore et toujours de ses yeux tout blancs, d’une blancheur de coton au-dessous desquels trône un nez qui brille comme «un diamant dans un coffret» ? Et cette barbe et cette moustache, toutes deux poivrées entourant une bouche fine qui n’est faite que pour dire la prière, magnifier Dieu, son Envoyé et Khadim Rassoul, dans toute leur splendeur ?

Et puis, il y a cette main gantée dont on dit qu’elle portait son nom à sa naissance. Ainsi est-il des hommes au destin singulier portant les «Dons du Digne de Reconnaissance», pour dévaliser le titre d’un écrit de son vénéré père, Khadim Rassoul. “Cheikh Ahmadou Bambas day” en plein cœur de New-York, dans une Harlem fascinée par l’énergie débordante des talibé mourides moulés dans les vertus du travail gratifiant, c’est quelque part la marque déposée de Serigne Mourtada Mbacké. Régulièrement, même en pleine ambiance de la terreur née du World Trade Center uppercuté et du Pentagone mutilé par la folie destructrice d’un terrorisme aveugle, il est venu auprès des siens, apporter cette vérité totale que l’islam et le mouridisme, qui en est une mamelle nourricière, sont d’abord amour, travail, tolérance et Ndiguel (dévouement).

Que dire aussi de la floraison des “Keur Serigne Touba” (la maison du guide de Touba) en Italie, en Espagne, en France etc., nids de solidarité, conforts des âmes besogneuses qui retrouvent la quiétude, des sérénités dévotes ! Serigne Mourtada ne pouvait alors que produire un effet d’aimantation, d’attraction vers le mouridisme dont la facette sublime et sublimante attire, comme des abeilles sur les pétales des fleurs, des femmes et des hommes d’Occident, en quête de sens. Ces néophytes venus peupler la grande famille de la Umma islamique et la très forte communauté mouride ont été séduits, conquis par la seule «Djihadou nafsi» (la Jihad des âmes» dont l’ascète savait bien faire usage avec une pédagogie émérite.

UNE VIE D’ALTRUISTE

Serigne Mourtada Mbacké ? En réalité, le prototype même de l’égologue, tellement l’altruisme aura été le complice de son itinéraire dans la propagation du mouridisme, dans l’expression achevée de ce qui est, de ce qui doit être le soufi tout entier orienté vers l’étude, la prière et la maîtrise des torrents intérieurs.

S’il y a des actions humaines qui ne pèsent pas plus que le poids d’un duvet, il y a aussi d’autres qui renferment d’himalayennes offrandes, comme celles que Serigne Mourtada Mbacké n’a cessé d’offrir à ses semblables. Et là-dessus, les témoignages sur le saint homme sont invariables, unanimement invariables : il est la générosité incarnée. Une générosité qui s’est beaucoup plus donnée dans le domaine de la diffusion du savoir, du savoir-faire et surtout du savoir-être, viatique vivifiant et valorisant dans un monde en quête de repères. Bâtisseur d’instituts Al Azar, Serigne Mourtada Mbacké a fait de ces lieux d’éclosion des esprits, des sanctuaires autant que des maisons de Dieu où, enfants de pauvres comme de nantis, se frayent des chemins sans perdre le Chemin.

Puis dans un pays où tout est à construire, Serigne Mourtada Mbacké avait opté, discrètement, de s’asseoir sur le promontoire sacré des œuvres de bienfaisance, sans jamais rien chercher en contrepartie, sinon de se plier à l’exigence d’honorer le riche héritage de son vénéré père Khadim Rassoul. Saint-Louis, Kaolack, Tamba, Diourbel, Ziguinchor etc, entre chacune de ses villes, les véhicules de Al Azar transports jetaient un pont de douceur entre les familles à des prix défiant toute concurrence. Des prix sociaux par une entreprise de socialisation. Les «cars de Serigne bi», ainsi qu’on les appelle communément, sont des microcosmes d’un Sénégal pluriel et pourtant indivisible, qui voyage de village en village, de ville en ville.

Rien ne résume mieux l’unanimité dans les témoignages sur la vie de l’illustre disparu, témoignages à travers lesquels les mots ont du mal à exprimer toute la grandeur de l’homme, toute l’ampleur de ses actions.

Mais puisqu’il faut bien témoigner, contentons nous seulement de ces mots de l’un de ses plus proches, Serigne Falou Touré. Du défunt saint homme, il dit : «La disparition de Serigne Mourtada Mbacké constitue une perte importante pour la communauté mouride et la Umma islamique de façon générale, notamment à cause du rôle qu’il a joué dans la propagation de l’islam à l’étranger et les actions multiformes entreprises dans les secteurs sociaux comme l’éducation et les transports. Le caractère social de ses œuvres est apprécié par toutes les populations.»

LA VANITE DE LA MORT

Mais la mort est vaniteuse, forcément vaniteuse qui prétend effacer l’ineffaçable œuvre d’un homme ayant renoncé aux nourritures terrestres, fugaces, fugitives, pour se remplir tout entier de la parole de Dieu et des enseignements sans ride de Cheikh Ahmadou Bamba, enseignements qui défient l’érosion du temps parce que portant la majesté des recommandations divines.

Feu Serigne Mourtada Mbacké, qui repose désormais à Touba, aura fait preuve d’une aptitude inégalée à faire rayonner le mouridisme à travers le monde. Sa «Jihad des âmes» que «vertèbre» la nécessité de propulser les enseignements de son illustre père au cœur même d’un Occident où, comme le disait l’autre, «dans la grande donnée universelle du temps, l’homme est devenu un moment du temps, une horloge dont la succession des événements déshumanise la vie».

Serigne Mourtada Mbacké s’est donc éteint sans jamais que ses œuvres soient promises à l’extinction parce que justement elles portent en elles l’éternelle inextinction de sa foi, de son altruisme. Ce saint homme, qui s’en est allé en douceur, nous a laissé l’exemple d’un cœur qui peut contenir tous les trésors du monde. Du Ciel aussi. Pour nous guider. Pour nous éclairer. Pour être notre lumière, même quand tout est vraiment obscur. Révérence posthume pour un plénipotentiaire émérite du mouridisme. De l’islam tout court..

# Posté le dimanche 05 juin 2005 15:47

CHEIKH AHMADOU BAMBA MBACKE

CHEIKH AHMADOU BAMBA MBACKE
son vrai nom Mouhammad Ben Mouhammad Ben Habiballâh, CHEIKH
AHMADOU BAMBA MBACKE nous parvint par la grâce de Dieu au mois de
Muharram en l'an 1272.h, soit l'an 1855, à Mbacké, une localité dans le Baol du
Sénégal des royaumes.

Fondé par son grand-père, le village porte le nom de la famille des Mbacké dont la piété trés connue leur valut une influence religieuse particulière, un respect et une vénération pour la FACE de DIEU. Hommes de haute culture et d'une orthodoxie stricte dans l'assimilation des valeurs culturelles Islamiques, ils firent du village de Mbacké un centre académique et une capitale spirituelle. Le père du Cheikh, Mouhammad Mbacké, appelé Mame Mor Anta Saly, était un éminent jurisconsulte, un dévot qui enseignait le CORAN et les Sciences Religieuses ; sa mère, Mariama Bousso, grâce à sa piéte, sa vertu et son scrupule, eut le priviliège de répondre au nom de "Jâratul-lâh"(voisine de DIEU) au milieu des siens. Ses parents ont très tôt découvert en lui une perfection innée qui s'est traduite par des attitudes et des habitudes de piété, de bonne conduite morale, de dévotion, de solitude, de méditation et un comportement exécrant l'amusement, l'indécence et le péché. Partout ou il passa durant son cursus, après avoir parfaitement assimilé le CORAN, que ce soit pour l'acquisition des Sciences Religieuses ou Instrumentales comme la Grammaire, la Prosodie, etc, on lui reconnut unanimement une perfection spirituelle qui ne pouvait que résulter d'une lumière provenant de DIEU.
Jusqu'an l'an 1300.h (1882), il assurait l'enseignement auprés de son père et sa carrure intellectuelle lui avait permis , dans le cadre des fonctions que celui-ci lui confiait, d'écrire dans certains domaines des Sciences Religieuses et Instrumentales pour les rendre plus accessibles.

Il composa à cet effet le "Jawharu-n-nafis"(le joyau précieux) qui est une versification du traité de jurisprudence de Al Khadari , le "Mawâhibul Quddûs"(les dons du TRES-SAINT) qui est une reprise versifié de l'ouvrage de théologie de de l'Imam As-Sanûsi"Ummul Barâhin"(La soucre des preuves), le "Jadhbatu-ç-çighâr"(l'attirance des adolescents)qui est un ouvrage traitant particulièrement des articles de la foi, le "Mulayyinu-ç-cuddûr"(l'Adoucissement des coeurs) qui reprend en versification le "Bidâyal Hidâya"(Le commencement de la Bonne Direction) de l'Imam Al Ghazâli ; Le Cheikh reprendra par la suite ce poême sous le titre de "Munawwiru-ç-çuddur"(L'Illumination des coeurs). C'est un ouvrage qui traite du perfectionnement Spirituel.

Plus tard, il composera bien d'autres ouvrages dans les domaines de la Jurisprudence, de la Théologie , du Soufisme, de la Bonne Education et dans d'autres branches comme la Grammaire.

L'an 1301.h(1883), qui est le point de fracture le plus important de son hagiographie, apportera (nous le verrons plus loin) de grandes mutations dans son domaine spirituel et du même coup, dans sa personnalité intellectuelle; en gros, des changements qui ont reconverti entièrement sa plume au service du prophète, dans les thèmes tels que :


- La glorification de la venue au monde du Prophète,
- L' exaltation de l'Unicité de DIEU, dans le service du Meilleur des Envoyés,
- Le combat spirituel du Prophète,
- La plus grande victoire de la foi sur l'infidélité sous on Egide (Bedr),
- La victoire de la soumission, en l'occurrence l'Islam, sur l'Idolâtrie, en un mot, la réhabilitation de l'Islam.


Le rappel à DIEU de son père, survenu une nuit du mardi du mois Muharram de l'an 1300h.(1882) à Mbacké du Cayor, non seulement venait lui ôter la tutelle de celui-ci à qui il obéissait religieusement, mais allait relever sa vraie physionomie mystique et spirituelle.

Le stade de dévotion à DIEU qu'il atteignit, malgré les hostilités que lui manifestaient les gens de son époque, démontre sans équivoque son appartenance au cercle " des hommes de DIEU "

Il n'était l'esclave, ni des futilités du Bas-Monde, ni de l'Autorité Coloniale dominatrice, ni de celle des chefs païens de la vieille aristrocatie locale.

Cette attitude d'un homme esseulé, dénonçant l'arbitraire et la corruption d'où qu'ils viennent, lui suggèrent et ne reconnaissant que la Seule Autorité du MAITRE des Mondes, allait marquer sa vie.

C'est ainsi qu'en réponse aux dignitaires qui, à la suite de l'oraison funèbre de son père, lui suggèrent d'accepter d'occuper la fonction de conseiller du roi, il déclina cette offre du bénéfice de l'obligeance des sultans et écrivit :

"Penche vers les portes des sultans-m'ont-ils dit - afin d'obtenir des dons qui te suffiraient pour toujours"

"DIEU me suffit-ai-je répondu-et je me contente de LUI, et rein ne me satisfait si ce n'est la Religion et la Science."

"Je ne crains que mon ROI et ne porte mes espoirs qu'en LUI-comment disposerais-je d'ailleurs ma destinée entre les mains de ceux qui sont incapables de régler leur sort?"

C'était là un double défi lancé à la fois aux sultans à qui le Cheickh rappelait leur servitude vis-à-vis de leur SEIGNEUR ALLAH et à l'élite de l'orthodoxie musulmane dont il dénonçait la complaisance.

Quand aux grands maîtres de la gnose de son époque animés du dessein de l'éprouver, ils ne tardèrent pas à découvrir leurs lacunes, san toutefois arriver à sonder les profondeurs de sa spirutualité.

Ses confrontations avec l'administration coloniale représentaient cependant lm'un des aspects les plus importants de son hagiographie.

Au début du 19 ème siècle, les exigences de l'industrialisation (recherche de matière première et de marchés) et la volonté impérialiste de l'Europe , ayant aboutit à la colonisation , ont dicté à la France une politique de conquête territoriale à partir des anciens comptoir commerciaux.

Cette politique expansionnisterencontra au Sénégal de farouches résistances , tant du côté des chefs musulmans que de celui des "thiédos"(guerriers de l'aristocratie).

Mais en 1891, la conquête territoriale fut achevée dans un constat d'échec de toute la resistanec armée au Sénégal. C'est alors que la France entreprit d'assimiler la colonie du Sénégal aux valeurs culturelles occidentales et, pour y réussir , elle proposa sa religion, et la suppression pure et simple ou, à défaut ,la corruption du culte exclusif rendu à DIEU.

Elle mena alors un combat sans précédent allant de l'éloignement (internement) au bannissement et à la déportation des guides spirituels , pour démobiliser les fidèles.

Son aspiration profonde à DIEU et son amour ardent envers l'Elu de DIEU furent tels que DIEU lui révela DIEU, selon son expression, et devant la Splendeur de Sa GRANDEUR, il entreprit d'être fidèle au Pacte Primordial de Soumission ( à DIEU) , alors DIEU lui indiqua le Prophète qui est le Guide de la Voie de la Soumission.

Lorsqu'en1301.h(1883)l'Elu lui parvint, il conclut avec lui le Pacte d'Allégeance, pour LA FACE de DIEU et ce Dernier lui ordonna d'engager ses disciples dans cette Voie . Le Mouridisme était né. Ce fut à Mbacké Cayor.

Ainsi le culte exclusif qu'il proffessait devenait public, car il commença à l'inculquer à ses disciples, c'est pourquoi il devint l'ennemi numéro un du povoir colonial.

Non seulement les foules affluaient vers lui, mais il fonda la ville de TOUBA pour mieux servir avec elles la Cause de DIEU.

Dans son ardeur spirituelle, il voultu accéder au rang des compagnons , serviteurs du Prophète, qui ont combattu à Bedr.

Ce degré suprême (CORAN S.9 V.20) dont parle le CORAN à l'endroit des compagnons , est obtenu par le sacrifice du sang versé en vue d'élever la Voix de DIEU.

Et l'abrogation de la perscription du sang versé , à cause du Pacte d'Allégeance, devait mener le Cheikhdans la Voie du Combat Spirituel qui celle du sacrifice de l'âme et des biens pour la cause de DIEU, dans le respect du sang des autres.

En 1312.h(1895), dans sa retraite spirituelle(Ittikaf), le Prophète lui signifia que le sang versé était abrogé et que le prix qui fait accéder à ce rang est une somme d'épreuves trop lourdes à la charge exclusive du postulant.Le Pacte fut conclu et le décret DIVIN le mit en confrontation avec ses ennemis contemporains pendant plus de trentes deux ans durant lesquels il brava les exils , les brimades, les persécutions et les bannissements, pour se raffermir dans la profession de l'Unicité de DIEU, ne reconnaissant qu'un Seul Maître, DIEU et DIEU exclusivement. Il en soriti auréolé de succès.

Et de ce combat, il impétra le rang de SERVITEUR PRIVILEGIE du PROPHETE.

Autant le pouvoir infidèle voulut, à travers l'exil au Gabon, en Mauritanie, les persécutions, les résidences surveillées à Thiéyène et à Djourbel, corrompre la foi musulmane, autant le Cheickh, dans son mystère inviolable et son indépendance dans le culte rendu à DIEU, à réhabilité l'Islam dans sa forme la plus authentique.

Partout dans le pays , le Cheickh a revigoré la foi musulmane, redonné aux populations, sans la contrepartie de leur sang, et leur dignité et leur personnalité. Il a de surcroît introduit le plus naturellement dans les moeurs la soumission exclusive à DIEU et non une quelconque auter autorité. Ainsi, la Communauté Musulmane retrouvait son âme.

Durant les trente deux années d'épreuves son itinéraireeut un impact sur ses oeuvres, l'inspiration étant l'expression de l'état de l'âme.

A partir donc de l'année 1313.h(1895), l'étape du combat contre l'infidélité fut marquée par une production inestimable de panégyriquesenvers l'Elu le Plus Pur (Al Mustafâ°, le Choisi le Meilleur(Al Mukhtar) , des écrits d'action de grâce envers DIEU et son Prophète, de Sagesses, d'Hagiographie, d'Oraisons Initiatiques, Incantatoires et Mystiques.

En 1346.h(1927), DIEU exauça ses voeux en le favorisant d'un séjour terrestre équivalent au nombre de versets de la sourate" Les Groupes"(Sûratu-z-Zumar)dont l'issue (le soixante douxième verset)est la récompense d'une vie entièrement dévouée à DIEU :

"Ceux qui auront craint leur SEIGNEUR seront conduits par groupes vers le Paradis. Lorsqu'ils seront en vue des Portes, celles ci s'ouvriront toutes grandes, les préposés leur diront : "Que la Paix vous suivent! vous avez été si vertueux, si purs. Entrez en cette Demeure pour un séjour éternel." Les voix des bienheureux s'élèveront en choeur : "LOUANGE A DIEU"
CKE

# Posté le dimanche 05 juin 2005 15:39

SOKHNA MAÏMOUNA MBACKE

SOKHNA MAÏMOUNA MBACKE
La ville de Cheikh Ahmadou Bamba, Touba, célébrera cette année, la Nuit de la Révélation du Coran ou Leylatoul Khadre. Avec une grande absente cependant : Sokhna Maymounah MBACKE dite Sokhna May, fille cadette du fondateur de la ville Sainte, qui depuis 1950 marquait l’événement. Sokhna May en effet opta très tôt, à la manière de ces femmes de renommée qui entouraient le Prophète Mouhammad (PSL) pour calquer sa vie à la démarche de l’Envoyé (PSL).

certainement raison car Sokhna May comme tout le monde le sait est fille de Serigne Touba, lequel vouait au Coran un culte particulier comme il vouait sans aucun doute le même culte au Prophète (PSL) à qui le Message a été délivré au non de tout l’Univers. Comme on le signalait plus haut, le Prophète Mouhammad (PSL) était entouré de deux femmes se distinguant particulièrement pour leur engagement à la cause de l’Islam. La première est sa fille Fatima et la seconde, son épouse Aïcha. Les panégyristes de Touba comparent volontiers ces deux femmes à Sokhna May, celle qui a dédié toute son existence (74 ans lorsqu’elle fut rappelée à Allah au mois de Février dernier) à la célébration du Leylatoul Khadre, cette nuit meilleure que 1000 mois. Pour eux, Sokhna May est en même temps Fatima pour s’être engagée sur le chemin de son père Khadimou Rassoul qui couchait à même le sol, réservant le plus douillet de ses lits au Coran ; également elle est Aïcha qui pour son érudition enseigna beaucoup sur l’Islam, tel que pratiqué par Mouhammad (PSL), à la disparition de ce dernier.

Engagement de Fatima et érudition d’Aïcha ! Sokhna May apparaissait ainsi, ayant consacré un demi-siècle de son existence à la célébration du Leylatoul Khadre, au raffermissement des liens entre les divers membres de la famille Mbacké où elle jouait le rôle de tante et de mère. C’est-à-dire le rôle incontournable de gardienne des valeurs et vertus sans lesquelles l’on serait très loin du chemin tracé par Cheikh Ahmadou Bamba. Mais par-dessus tous les rôles que Sokhna May ait pu jouer pour la défense et l’illustration du mouridisme la Nuit des Décrets s’impose. Parce qu’elle l’avait elle même délibérément choisie et pour elle, elle se sera dévouée sans compter. Tout commença en cette fameuse Leylatoul Khadre de 1950 où elle reçut officiellement l’aval du khalife général de l’époque, Serigne Falilou Mbacké, son grand frère, dépositaire de la charge de Serigne Touba. Cette nuit-là en effet Sokhna May avait préparé un plat de 3 poulets qu’elle alla porter à Serigne Falilou en hommage à la Nuit des Décrets, à la suprématie du Coran sur tout autre livre révélé et aussi au culte que leur père, Khadimou Rassoul vouait au Livre et au Messager (PSL) ! Serigne Falilou ému mais point surpris par le geste qui venait de la fille de Khadimou Rassoul pria afin qu’Allah agréât un tel geste. Il fit également cette prédiction : ‘Le plat de poulets deviendra le plus grand des festins’.

L’histoire lui donna raison car au fil des ans, le Leylatoul Khadre devint l’occasion où Sokhna May nourrissait pratiquement toutes les nécessiteuses de la cité Sainte où elle préparait des plats de poulets en quantité, avec des plats de moutons, de bœufs et même de chameaux en nombre incalculable. Dans tous les daaras mourides en général et à Touba en particulier le Coran était lu toute la journée et la nuit aux frais de Sokhna May qui bien sûr en dédiait le bénéfice à la mémoire de son vénéré père et de tous les musulmans. Cette nuit du Leylatoul Khadre, Sokhna May l’a initiée en beauté, et la clôturée aussi en beauté, car elle se déroule à présent dans la Résidence Leylatoul Khadre aux HLM de Touba. Une concession exclusivement dédiée à la célébration de la Meilleure des Nuits. Et dernière volonté de cette femme auréolée de grâces, Sokhna May recommanda à sa famille réunie sur son lit de mort : ‘ N’envisagez guère d’organiser un Magal en ma mémoire, autre que celui que je vous laisse, le Leylatoul Khadre. Il me suffit amplement et moi, je me suffis à lui, totalement ’.

Aujourd’hui, la famille de Sokhna May, Serigne Modou Makhfouz en tête avec sa sœur Sokhna Bâli se font le point d’honneur de respecter cette ultime volonté à la lettre et à l’esprit. Ce sera le credo de leur vie.

djily mbacke dan
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 05 juin 2005 15:22